En un coup d'oeil
- Descente, le changement de titre. Deux années civiles de résidence légale plus au moins 366 jours de présence physique, alors qu'aujourd'hui il n'existe aucune condition de résidence.
- Étape préliminaire uniquement. Deux projets de loi liés, publiés par le ministère de l'Intérieur sur e-draft.am le 8 septembre 2026 (projet 10602), sont ouverts à la discussion publique. Il ne s'agit pas d'une loi adoptée.
- Date d'entrée en vigueur proposée : 1er janvier 2028, si adopté sous sa forme actuelle
- Chaque itinéraire se verrait attribuer un nombre minimal de jours. La filiation, le conjoint et la famille, la naturalisation ordinaire et la réintégration nécessiteraient chacun un nombre minimum de jours de présence physique, ce qui n'a jamais été le cas auparavant dans le droit arménien de la citoyenneté.
- Naturalisation ordinaire : cinq années civiles de résidence légale plus au moins 915 jours de présence, au lieu des trois années actuelles
- La règle transitoire : Les demandes déposées par voie électronique avant le 1er janvier 2028 seront examinées selon les règles actuelles.
- Le débat public est clos : 23 septembre 2026
L’acquisition de la citoyenneté arménienne par filiation ne requiert actuellement aucune condition de résidence. Un projet de loi publié le 8 septembre 2026 ajouterait deux années civiles de résidence légale et au moins 366 jours de présence physique dans le pays, à compter du 1er janvier 2028.
Le ministère de l'Intérieur a publié deux projets de loi liés sur e-draft.am pour consultation publique (projet 10602). Ces textes modifieraient les conditions de résidence pour toutes les voies d'accès à la nationalité arménienne et exigeraient, pour la première fois, qu'un demandeur d'origine ethnique arménienne ait effectivement résidé en Arménie avant d'acquérir la nationalité. La consultation publique se termine le 23 septembre 2026.
Il s'agit de projets de loi. Ils n'ont pas encore été adoptés et leur formulation est susceptible d'évoluer lors des débats publics ou au Parlement. Le projet comporte une disposition essentielle : les demandes déposées par voie électronique avant le 1er janvier 2028 seront examinées selon les règles en vigueur.
Cette règle transitoire définit une période d'environ quinze mois. Il s'agit d'une disposition provisoire, et les clauses transitoires figurent parmi les parties les plus fréquemment remaniées d'un projet de loi au cours de son examen parlementaire. Une version plus restrictive réduirait cette période. Considérons quinze mois comme la limite maximale.
Le changement dans une table
L'idée structurelle centrale de ce projet de loi est un seuil minimal de jours de résidence. Jusqu'à présent, la loi arménienne sur la citoyenneté exprimait les conditions de résidence en années de statut de résident. Le projet de loi conserve ces années et ajoute un nombre minimal de jours effectivement passés dans le pays, pour chaque trajet.
| Itinéraire | Aujourd'hui | Selon le projet |
|---|---|---|
| origine ethnique arménienne (descendance) | Aucune condition de résidence ; la demande peut être déposée depuis une ambassade à l’étranger. | 2 années civiles de résidence légale + au moins 366 jours de présence |
| Conjoint et famille d'un citoyen | Exemption de l'exigence de résidence de trois ans ; le conjoint est admissible après 2 ans de mariage et 365 jours de présence. | Trois années civiles de résidence légale et au moins 549 jours de présence, en plus du regroupement familial. |
| Naturalisation ordinaire | 3 ans de résidence permanente ; aucun décompte des jours | 5 années civiles de résidence légale + au moins 915 jours de présence |
| Restauration (anciens citoyens) | Aucun délai d'attente, aucune condition de résidence | 5 ans à compter du décret de résiliation + 2 ans de résidence + au moins 366 jours de présence |
Chaque décompte de jours correspond à un peu plus de la moitié de la période requise, soit en moyenne environ 183 jours par an. Le critère appliqué par la conscription est la durée de présence physique sur le territoire, et un titre de séjour enregistré ne suffit pas.
Qu’est-ce qui changerait concernant la citoyenneté par filiation ?
Aujourd'hui, un demandeur qui prouve son origine ethnique arménienne peut déposer sa demande depuis l'étranger, auprès d'une ambassade, sans avoir jamais vécu en Arménie, et est exempté du test de langue et du test de connaissance de la Constitution.
Aux termes du projet (nouvel article 13(3)), le demandeur aurait en outre besoin :
- résidence légale en Arménie au cours des deux dernières années civiles, et
- au moins 366 jours de présence physique durant cette période.
Les exemptions relatives à la langue et à la Constitution seraient maintenues, et le projet de loi conserve l'ancrage de la procédure dans l'article 47(4) de la Constitution, qui accorde une préférence aux personnes d'origine arménienne. Il s'agit d'une procédure simplifiée, mais elle ne peut plus être suivie sans s'installer en Arménie. Pour connaître les modalités de preuve de filiation selon la réglementation actuelle, veuillez consulter notre guide relatif à la preuve de filiation arménienne en vertu du décret 97-N.
Naturalisation ordinaire : une condition de nombre de jours comptabilisés, pour la première fois
Toute personne souhaitant obtenir la nationalité arménienne sans lien familial ni origine arménienne, qu'il s'agisse du fondateur étranger d'une entreprise, du résident établi de longue date ou de la personne venue travailler et restée sur place, remplit aujourd'hui les conditions requises après trois ans de résidence permanente, sous réserve de la réussite aux tests de langue et de connaissance de la Constitution. Ce critère est formalisé par le statut de résident et ne tient pas compte de la durée de séjour.
Le projet de loi modifierait les deux aspects suivants : la période de résidence légale requise passerait de trois à cinq années civiles, et le demandeur devrait justifier d’une présence physique d’au moins 915 jours durant cette période. Les critères linguistiques et constitutionnels restent inchangés.
C'est la première fois que la loi arménienne sur la citoyenneté impose un nombre minimum de jours de séjour. Un permis de séjour détenu sans interruption pendant toute sa durée ne suffira plus. Les 915 jours correspondent à une moyenne d'environ 183 jours par an. Ainsi, un demandeur résidant en Arménie mais travaillant à l'étranger la majeure partie de l'année pourrait satisfaire à la condition des cinq ans sans pour autant respecter le nombre de jours requis. Toute personne dont le projet repose sur un permis de séjour devrait dès maintenant vérifier ce nombre de jours par rapport à son historique de voyages.
Le délai s'allonge également. Une personne qui s'installe aujourd'hui en Arménie selon les règles actuelles devra attendre trois ans avant de pouvoir prétendre à la résidence permanente ; la même personne, après l'entrée en vigueur de la conscription, devrait attendre cinq ans et avoir passé la moitié de chaque année dans le pays durant cette période.
Un changement qui pourrait facilement passer inaperçu : les conjoints seraient soumis à un test de langue.
La note explicative ne mentionne pas du tout ce changement.
Le conjoint étranger d'un citoyen arménien est aujourd'hui exempté de l'exigence linguistique. Les conjoints, enfants et parents de citoyens, réfugiés et apatrides sont également exemptés de l'exigence de résidence de trois ans ; un conjoint remplit les conditions requises après deux ans de mariage et 365 jours de présence.
Le projet (nouvel article 13(2)) exigerait trois années civiles de résidence légale plus au moins 549 jours de présence physique, en plus de la base familiale.
Les exigences linguistiques et constitutionnelles s'appliqueraient également à ce groupe, du fait du choix des termes employés dans le projet de loi. L'article 13(2) dispense uniquement de « l'exigence énoncée au point 1 de la partie 1 », au singulier, et ce point 1 concerne exclusivement le critère de résidence et de présence, laissant ainsi en vigueur l'exigence linguistique (point 2) et l'exigence constitutionnelle (point 3). L'article 13(3), relatif à l'origine ethnique, dispense de « toutes les exigences énoncées à la partie 1 », au pluriel, soit l'intégralité de la partie 1 ; les trois exigences sont donc caduques. L'article 13(4) dispense des parties 1, 2 et 3. La distinction entre le singulier et le pluriel, ainsi qu'entre un point et une partie entière, est appliquée de manière cohérente dans ces quatre dispositions consécutives.
Dans cette optique, un parcours de recherche d'un conjoint, qui consiste aujourd'hui principalement en une démarche documentaire, deviendrait un projet de trois ans assorti d'une exigence linguistique.
Voici notre interprétation du texte de l'ébauche, et la question n'est pas encore tranchée. La note explicative est muette sur ce point, et un simple changement de mot lors de la seconde lecture suffirait à la remettre en cause. Nous ne donnerions aucun conseil sur cette base tant que le texte adopté ne serait pas disponible. Toute personne dont le projet repose sur le regroupement familial doit en être consciente.
Les autres modifications proposées
La restauration nécessiterait une attente de cinq ans.
Un ancien citoyen peut actuellement recouvrer sa nationalité sans délai d'attente ni condition de résidence. Le projet de loi exigerait cinq ans à compter de la décision de déchéance de la nationalité, deux ans de résidence et au moins 366 jours de présence, et ferait du rétablissement de la nationalité la voie exclusive pour les anciens citoyens : les modalités d'acquisition de la nationalité par les voies ordinaires leur seraient totalement inaccessibles. La note explicative cite, à titre d'exemple du comportement visé, celui d'un parent renonçant à sa nationalité afin de mettre fin à celle de son fils et ainsi éviter ou reporter son service militaire obligatoire, puis de recouvrer ultérieurement sa nationalité.
Les droits d'État augmenteraient fortement
| Obligation de l'État | Aujourd'hui | Selon le projet | Changer |
|---|---|---|---|
| Acquisition de la citoyenneté | 20 000 AMD (environ 138 USD) | 20 000 AMD (environ 688 USD) | Cinq fois |
| Déchéance de la citoyenneté | 20 000 AMD (environ 413 USD) | 20 000 AMD (environ 4,129 USD) | Dix fois |
Équivalents en dollars américains au taux de change officiel de la CBA de 363.28 AMD pour 1 USD le 13 septembre 2026.
Le serment aurait une date limite.
Le décret de citoyenneté n'entre en vigueur que si le serment est signé dans un délai d'un an. Passé ce délai, le décret est nul et le demandeur doit présenter une nouvelle demande. La cérémonie de prestation de serment se déroule exclusivement sur le territoire arménien.
L'origine ethnique serait évaluée par une commission dédiée.
L'origine est actuellement établie à partir d'un registre paroissial et de pièces justificatives. Le projet de loi prévoit la création d'une commission, mise en place par arrêté du ministre de l'Intérieur, chargée d'évaluer l'origine de manière globale : documents, archives, certificats paroissiaux et communautaires, et autres éléments de preuve. La note explicative établit un lien avec 71 cas de fraude à l'origine ethnique signalés aux enquêteurs entre 2023 et le premier semestre 2026, et cite les modèles lituanien, grec, israélien et allemand de vérification à plusieurs niveaux.
Les refus seraient motivés, mais le décret ne serait pas prononcé.
La conclusion de l'organe étatique devrait être motivée, exposant les faits et les risques sans divulguer d'informations confidentielles, tandis que le décret lui-même n'aurait pas à en préciser les motifs. Le projet stipule que le pouvoir discrétionnaire du Président d'octroyer la citoyenneté est inaltérable par voie administrative ou judiciaire et élargit le motif de refus pour y inclure les « soupçons raisonnables » de préjudice futur.
La portée exacte de cette clause n'est pas encore établie, et nous ne prétendons pas qu'elle le soit dans un sens ou dans l'autre. La note explicative n'affirme pas que le décret échappe à la compétence des tribunaux. Elle établit une distinction entre l'établissement et la justification appropriés des faits et des risques dans le dossier administratif – raison pour laquelle le projet de loi impose l'obligation de conclusion motivée – et le choix final du Président, qu'elle décrit comme un pouvoir discrétionnaire exercé dans les limites et les fondements prévus par la loi, un choix parmi des solutions licites. Selon notre interprétation, une telle formulation admet que le pouvoir discrétionnaire a des limites légales, et la nouvelle obligation de conclusion motivée ajoute des éléments au dossier qui n'y étaient pas requis auparavant. La question de savoir si une loi peut soustraire le décret à ces conditions est une question constitutionnelle qui devra être examinée.
La citoyenneté par la naissance et la voie du mérite spécial restent inchangées.
Pourquoi le ministère affirme-t-il agir ainsi ?
La note explicative est inhabituellement directe. Entre le 1er janvier 2021 et le 31 août 2026, 110 219 personnes ont acquis la nationalité arménienne, dont 108 002 ont obtenu le passeport « 099 » de non-résident, un document délivré aux personnes ne résidant pas en Arménie. Selon le ministère, la grande majorité des nouveaux citoyens ne se sont jamais installés dans le pays, et les seuils de résidence et de présence constituent la réponse à cette situation.
Ce que cela signifie en pratique
Si vous remplissez actuellement les conditions requises au titre de l'immigration fondée sur l'origine ethnique et que vous envisagez de déposer une demande, la règle transitoire encourage les demandes déposées au plus tôt. Une demande déposée via le système avant le 1er janvier 2028 sera examinée selon les règles actuelles : aucune condition de résidence, aucun calcul de présence physique et les droits d'entrée en vigueur dans l'État. Une demande déposée à compter de cette date sera soumise aux trois conditions.
Si vous envisagez la naturalisation par la voie ordinaire, faites le calcul dès maintenant. Le changement le plus visible est le passage de trois à cinq ans. C'est le seuil des 915 jours qui pose problème, car il comptabilise les jours passés dans le pays.
Si vous êtes un ancien citoyen qui souhaiterait rétablir sa citoyenneté, la même logique s'applique de manière encore plus stricte, car le projet de loi imposerait un délai de cinq ans à compter de la date du décret de résiliation et fermerait toute autre voie de retour.
Si vous avez déjà obtenu la citoyenneté mais n'avez pas encore prêté serment, veuillez noter la limite d'un an proposée. Cette disposition s'appliquera à l'avenir, et un serment non signé constitue de toute façon une situation délicate à régler.
Si vous êtes en train de remplir ou de planifier une demande de parrainage familial ou conjugal, veuillez lire le point de terminologie ci-dessus. C'est le changement le plus susceptible de vous surprendre.
Pourquoi « avant le 1er janvier 2028 » ne doit pas être interprété comme « à un moment donné en 2027 »
Déposer une demande n'est pas une simple formalité. Actuellement, l'approbation préalable d'une demande électronique et la prise de rendez-vous nécessitent environ trois mois avant le début du traitement de fond, et ce, compte tenu du volume actuel de demandes. La publication d'une date limite de ce type précipite le dépôt des demandes vers les derniers mois, et la capacité de prise de rendez-vous est le maillon le moins à même d'absorber cet afflux. L'obtention, la légalisation et la traduction de documents d'état civil étrangers ajoutent plusieurs mois supplémentaires pour la plupart des dossiers de la diaspora. Une décision prise fin 2027 est une décision prise trop tard.
Notre avis : si vous remplissez les conditions requises selon les règles actuelles et que vous comptez les utiliser, commencez en 2026. Le coût d’une inscription anticipée est de quelques mois. Le coût d’une inscription tardive est une obligation de résidence de deux ans, voire de cinq ans.
Rien de tout cela ne justifie de déposer une demande à la hâte si elle n'est pas prête. Une demande refusée est pire qu'une demande déposée plus tard, et le projet de règlement élargit les motifs de refus. Si vous remplissez les conditions requises et que vous avez reporté la décision, ce report a désormais des conséquences.
Une autre échéance, pour un groupe plus restreint : la « reconnaissance » prend fin le 31 décembre 2026.
La voie de la « reconnaissance » concerne certains anciens citoyens soviétiques et arméniens, les apatrides d’origine arménienne résidant en Arménie, ainsi que des catégories apparentées. Elle expire le 31 décembre 2026 en vertu de la loi en vigueur. Cette échéance est indépendante de ce projet de loi, du débat public et de toute activité parlementaire.
Le projet de loi abrogerait intégralement les dispositions relatives à la reconnaissance (articles 9(1)(1) et 10), mais au moment de son entrée en vigueur en 2028, cette procédure serait déjà caduque en vertu de la clause d'extinction automatique actuelle. La reconnaissance a de toute façon constitué une voie de recours limitée : 51 cas en 2021, 134 en 2022, 125 en 2023, 87 en 2024, 153 en 2025 et 64 en 2026. Toute personne susceptible d'être concernée devra entreprendre des démarches en 2026.
Le débat public est ouvert jusqu'au 23 septembre 2026.
Ces projets sont publiés pour discussion publique sur e-draft.am sous le nom de projet 10602, et les commentaires sont ouverts jusqu'au 23 septembre 2026.
L'exigence de résidence pour les demandeurs d'immigration d'origine ethnique est la disposition ayant le plus grand impact sur la diaspora, et sa formulation soulève des questions constitutionnelles. L'article 47(4) de la Constitution prévoit une procédure simplifiée pour les personnes d'origine arménienne, et la note explicative du ministère s'appuie sur cette disposition : elle indique que les durées de résidence et de présence pour les Arméniens de souche ont été fixées « selon une réglementation plus simple », précisément sur la base de l'article 47(4), afin de préserver le caractère facilité de la procédure. La note admet donc que le traitement préférentiel doit rester une procédure facilitée. La question de savoir si une exigence de résidence de deux ans assortie d'une période de présence de 366 jours constitue toujours une procédure facilitée, ou si elle est devenue une procédure ordinaire avec un délai plus court, mérite d'être posée lors du débat.
Foire aux questions
Est-ce déjà la loi ?
Si je dépose ma candidature avant 2028, quelles règles s'appliqueront à ma demande ?
J'ai quinze mois. Pourquoi ne pas attendre jusqu'en 2027 ?
Je suis en cours de naturalisation par la voie ordinaire. Qu'est-ce qui change pour moi ?
Les Arméniens de souche seraient-ils toujours exemptés des tests de langue et de constitution ?
Je suis mariée à un(e) citoyen(ne) arménien(ne). Devrais-je apprendre l'arménien(ne) ?
J'ai renoncé à ma citoyenneté arménienne. Pourrais-je la recouvrer ?
De combien augmenterait la taxe d'État ?
Quelle est la date limite du 31 décembre 2026, et dépend-elle de ce projet de loi ?
Puis-je commenter le projet ?
Cet article décrit un projet de loi publié le 8 septembre 2026 (projet e-draft.am n° 10602). Il ne s’agit pas d’une loi adoptée et ses dispositions sont susceptibles d’évoluer. Les informations présentées ici ne constituent en aucun cas un avis juridique. Dernière mise à jour : 13 septembre 2026.

