Le réseau arménien de conventions de double imposition
L'Arménie a mis en place l'un des réseaux de conventions de double imposition (CDI) les plus étendus de la région, avec plus de 51 accords actuellement en vigueur. Ces conventions éliminent ou réduisent la double imposition sur les revenus transfrontaliers, faisant de l'Arménie une juridiction de plus en plus attractive pour les affaires internationales, les investissements et la planification fiscale.
Ce guide couvre l'ensemble du réseau de conventions fiscales de l'Arménie en 2026, y compris les accords les plus récents avec le Japon et Hong Kong, les taux de retenue à la source en vertu des principales conventions, la manière de bénéficier des avantages des conventions et la participation de l'Arménie aux cadres mondiaux de transparence fiscale.
En un coup d'oeil
Traités en vigueur : Plus de 51 conventions de double imposition en vigueur
Nouveaux traités : Japon (en vigueur en décembre 2025), Hong Kong (en vigueur en avril 2025)
Retenue à la source nationale (sans traité) : Dividendes 5 %, Intérêts 10 %, Redevances 10 %
Statut MLI : En vigueur depuis le 1er janvier 2024
CRS/AEOI : Premier échange automatique en septembre 2025, 47 juridictions partenaires
Convention du modèle : modèle de l'OCDE
Qu'est-ce qu'une convention de double imposition ?
Une convention de double imposition (ou accord de double imposition) est un accord bilatéral entre deux pays qui empêche la double imposition d'un même revenu. En l'absence de convention, une personne percevant des revenus en Arménie et résidant fiscalement dans un autre pays pourrait être imposée intégralement dans les deux juridictions.
Ces conventions fiscales couvrent généralement les dividendes, les intérêts, les redevances, les plus-values, les revenus d'activité salariée et les bénéfices des entreprises. Elles répartissent les droits d'imposition entre le pays source (pays d'origine des revenus) et le pays de résidence (pays de domicile du contribuable) et réduisent, voire suppriment, les retenues à la source sur les paiements transfrontaliers.
Liste complète des conventions de double imposition de l'Arménie
En 2026, l'Arménie comptait environ 51 conventions de double imposition en vigueur. Ce réseau couvrait la majeure partie de l'Europe, des partenaires clés au Moyen-Orient et en Asie, ainsi que plusieurs États membres de la CEI et de l'UEEA.
| Europe | CEI et UEEA | Asie et Moyen-Orient | Autres |
|---|---|---|---|
| Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse | Biélorussie, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine, Ouzbékistan | Chine, Hong Kong, Inde, Indonésie, Iran, Japon, Koweït, Liban, Qatar, Singapour, Syrie, Thaïlande, Turquie, Émirats arabes unis | Canada, Israël |
Des négociations de traités seraient en cours avec d'autres pays, dont l'Arabie saoudite. Le nombre exact pourrait légèrement varier à mesure que de nouveaux traités entreront en vigueur.
Évolutions récentes des traités
L'Arménie a progressivement étendu son réseau de traités. Voici les développements les plus significatifs depuis 2019.
Contrat de formation numérique Arménie-Singapour
Suite aux négociations annoncées en 2019, la convention de double imposition entre l'Arménie et Singapour a été signée, ratifiée et est entrée en vigueur le 23 décembre 2021. Les dispositions relatives à la retenue à la source sont applicables depuis le 1er janvier 2022. La convention offre des taux particulièrement avantageux : 0 % sur les dividendes lorsque le bénéficiaire effectif détient au moins 25 % du capital ou a investi au moins 300 000 USD, et 5 % sur les dividendes dans tous les autres cas. Les intérêts et les redevances sont soumis à une retenue à la source de 5 %.
Arménie-Malte DTT
La convention de double imposition entre l'Arménie et Malte a été signée le 24 septembre 2019, à la suite d'échanges diplomatiques de haut niveau menés plus tôt dans l'année. Entrée en vigueur le 25 novembre 2021, elle couvre les dividendes, les intérêts et les redevances et prévoit des taux de retenue à la source avantageux pour les paiements transfrontaliers entre les deux pays.
Traité bilatéral d'investissement Arménie-Corée
Le traité de protection mutuelle des investissements entre l'Arménie et la République de Corée, adopté par l'Assemblée nationale arménienne en 2019, est entré en vigueur le 3 octobre 2019. Cet accord prévoit le traitement de la nation la plus favorisée, un traitement juste et équitable, une protection et une sécurité complètes pour les investisseurs, ainsi que des mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États par le biais de l'arbitrage CIRDI et CNUDCI.
TCD Arménie-Hong Kong
La convention de double imposition entre l'Arménie et Hong Kong est entrée en vigueur le 9 avril 2025, étendant ainsi la présence de l'Arménie dans les centres financiers asiatiques.
DTT Arménie-Japon
La convention de double imposition entre l'Arménie et le Japon a été signée le 26 décembre 2024 et est entrée en vigueur le 20 décembre 2025. Cet accord moderne remplace le protocole URSS-Japon de 1986, devenu obsolète, et instaure des normes contemporaines en matière d'échange de renseignements et d'assistance au recouvrement des impôts. La convention s'applique à tous les exercices fiscaux commençant le 1er janvier 2026 ou après cette date.
taux de retenue à la source
En Arménie, les taux de retenue à la source applicables aux non-résidents non couverts par une convention fiscale sont de 5 % sur les dividendes, 10 % sur les intérêts et 10 % sur les redevances. Les conventions de double imposition permettent de réduire considérablement ces taux.
Taux domestiques vs taux conventionnels
| Pays | Dividendes | Intérêt | Redevances |
|---|---|---|---|
| Pas de traité (tarif intérieur) | 5% | 10 % | 10 % |
| Singapour | 0 % / 5 %* | 5% | 5% |
Singapour : le taux est de 0 % lorsque le bénéficiaire effectif détient au moins 25 % du capital ou a investi au moins 300 000 USD. Dans le cas contraire, le taux est de 5 %. Les taux applicables varient selon les conventions fiscales des autres pays ; veuillez consulter le texte de la convention ou contacter un conseiller fiscal pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.
Il convient de noter que l'Arménie n'impose pas les plus-values sur titres, que ce soit pour les résidents ou les non-résidents, ce qui la rend particulièrement attractive pour le montage d'investissements. De plus, il n'existe ni droits de succession, ni droits de donation, ni impôt sur la fortune.
Comment bénéficier des avantages d'un traité en Arménie
Pour bénéficier de taux de retenue à la source réduits ou d'autres avantages prévus par une convention fiscale en Arménie, un non-résident doit fournir un certificat de résidence fiscale délivré par son pays d'origine. Ce certificat atteste que le contribuable est résident du pays partenaire de la convention et qu'il a donc droit aux avantages qui en découlent.
Pour ceux qui établissent résidence fiscale en ArménieLe processus fonctionne de deux manières. Les entrepreneurs privés enregistrés en Arménie peuvent obtenir automatiquement un certificat de résidence fiscale via la plateforme de services en ligne de l'administration fiscale, sans avoir à justifier d'une présence physique de 183 jours. Les personnes physiques non enregistrées doivent justifier d'une présence physique d'au moins 183 jours en Arménie par année civile, au moyen de tampons sur leur passeport, de déclarations de revenus et de calculs de séjour. Une autre voie d'accès est possible en démontrant que l'Arménie constitue le centre de leurs intérêts vitaux, par le biais de liens familiaux, de relations économiques ou de biens immobiliers.
Le certificat de résidence fiscale arménien est valable pour une année fiscale et doit être renouvelé chaque année. Il est également possible de l'obtenir à distance en s'inscrivant comme entrepreneur individuel par le biais d'une procuration.
Règles relatives aux établissements permanents
Les conventions fiscales arméniennes suivent généralement le modèle de l'OCDE pour la définition d'établissement stable (ES), en utilisant le critère standard du lieu d'activité fixe. Cependant, une distinction importante existe entre le droit conventionnel et le droit interne. En droit fiscal arménien, il n'existe pas de durée minimale pour la définition d'ES dans le secteur de la construction : toute activité de construction ou d'installation, quelle que soit sa durée, peut créer un établissement stable. La période de grâce de 12 mois prévue par l'OCDE pour les projets de construction ne s'applique que lorsqu'une convention de double imposition est en vigueur entre l'Arménie et l'autre pays. Pour les entreprises exerçant leurs activités en Arménie sans convention fiscale, même des projets de construction de courte durée peuvent donner lieu à la qualification d'ES.
L’Arménie et l’Instrument multilatéral (IM)
L’Arménie a signé la Convention multilatérale pour la mise en œuvre des mesures relatives aux conventions fiscales visant à prévenir l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (la Convention) le 7 juin 2017. L’Assemblée nationale l’a ratifiée en septembre 2022 et l’instrument de ratification a été déposé auprès de l’OCDE en septembre 2023. La Convention est entrée en vigueur pour l’Arménie le 1er janvier 2024. Les modifications apportées aux dispositions relatives à la retenue à la source sont entrées en vigueur le 1er janvier 2024, tandis que les dispositions concernant les autres impôts s’appliquent à compter du 1er juillet 2024.
L’Arménie a adopté une norme anti-abus à deux niveaux dans le cadre de l’IML : le critère de l’objectif principal (COP) combiné à la clause de limitation simplifiée des avantages (LSA). Cette approche est plus restrictive que le seul COP, ce qui signifie que les accords transfrontaliers doivent satisfaire aux deux critères pour bénéficier des avantages du traité.
L’Arménie est également membre du Cadre inclusif OCDE/G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS) et participe à la Norme commune de déclaration (NCD) pour l’échange automatique de renseignements sur les comptes financiers. Le premier échange automatique de renseignements en vertu de la NCD a eu lieu le 30 septembre 2025 avec 47 juridictions partenaires.
La situation du traité fiscal entre les États-Unis et l'Arménie
Il n'existe pas de convention de double imposition effective entre les États-Unis et l'Arménie. Les États-Unis considèrent la convention fiscale de 1973 entre les États-Unis et l'URSS comme valide et contraignante pour l'Arménie en tant qu'État successeur, mais l'Arménie ne reconnaît pas cette convention et la considère comme invalide.
En pratique, cela crée une situation déséquilibrée. Le gouvernement arménien ne respecte pas la convention fiscale : les personnes et entreprises américaines opérant en Arménie ne peuvent prétendre à des taux de retenue à la source réduits ni à d’autres avantages prévus par la convention et seront imposées au taux normal américain. En revanche, le fisc américain (IRS) respecte unilatéralement la convention et accorde des avantages fiscaux aux ressortissants arméniens résidant aux États-Unis.
Pour les citoyens et les entreprises américaines, la solution pratique consiste à considérer la situation comme si aucun traité n'existait. Afin d'éviter la double imposition, les contribuables américains doivent se prévaloir du crédit d'impôt étranger prévu par le droit américain plutôt que des dispositions conventionnelles. Les négociations en vue d'un nouveau traité bilatéral demeurent au point mort diplomatique, malgré les pressions exercées par la diaspora et les organisations patronales.
Considérations pratiques pour les investisseurs
L'Arménie, grâce à son vaste réseau de conventions fiscales, ses faibles taux de retenue à la source et l'absence d'imposition sur les plus-values de titres, constitue une juridiction particulièrement attractive pour les opérations de structuration internationale. Ses principaux atouts comprennent 51 conventions de double imposition en vigueur avec ses principaux partenaires commerciaux, l'absence d'imposition sur les plus-values de titres, l'absence de droits de succession, de donation ou d'impôt sur la fortune, un taux de retenue à la source de 5 % sur les dividendes (souvent réduit par convention) et sa participation au système CRS/AEOI avec 47 juridictions partenaires.
Pour ceux qui envisagent enregistrer une entreprise en Arménie ou explorer résidence par investissementLe réseau de traités offre d'importantes opportunités de planification fiscale. En Arménie, secteur bancaire elle est également de plus en plus intégrée aux systèmes financiers internationaux, soutenant les transactions transfrontalières couvertes par ces traités.

